Goudargues, la petite Venise Gardoise

Le village de Goudargues surnommé « la petite Venise Gardoise » en référence au canal qui le traverse a été construit au IXe siècle par des Moines Bénédictins.

C’est dans les bois de Goudargues au lieu-dit, « planitium », que commence l’histoire du village. En bordure d’une voie romaine se situe un oppidum sur un point culminant à 330 m d’altitude. Un endroit stratégique pour surveiller toutes invasions. De cette époque il ne reste peu de vestiges si ce n’est le pourtour de l’oppidum…

Durant le règne de Charlemagne (742-814 ), les Sarrasins commandés par Abd-el-Raman (731-788) envahirent le sud de la France. Pour les repousser, le roi des Francs envoya une armée menée par son cousin Guilhem d’Aquitaine, Comte de Toulouse (755-814). C’est à ce point culminant appelé castrum planitium (ancien oppidum) que l’armée de Guilhem s’installa afin de barrer la route aux armées sarrasines vers la vallée du Rhône.

Suite à une bataille victorieuse contre les sarrasins Guilhem décida d’ériger en 781 un oratoire au vocable de Sainte Marie et Saint Michel. Le lieu choisi fut une colline en bordure de Cèze, devenu le lieu-dit de Saint Michelet. Voilà la première construction chrétienne à Goudargues. Les moines choisirent ensuite de s’installer, sur l’emplacement d’une villa gallo-romaine abandonnée au moment des grandes invasions. Guilhem, comte d’Aquitaine, fonda et dota ce premier monastère. En 806, il décida à son tour de revêtir l’habit de moine et fonda son abbaye de Géllone, devenue aujourd’hui St Guilhem-le-Désert. De ce premier monastère, il ne nous reste que la chapelle Notre dame de Casneuve tombée dans le domaine privé depuis la révolution de 1789. Elle fut par la suite transformée en habitation.

Au milieu du XIIe siècle, les moines de la puissante et riche abbaye d’Aniane, dont Goudargues dépendait, décidèrent de construire sur le même emplacement, un monastère plus important. Les travaux de ce second monastère commencèrent en 1130 pour finir en 1187. Malheureusement le monastère ne résistera pas à l’usure du temps et des hommes. Les guerres de religions, les passages des mercenaires, la révolte des Camisards et plus tard la révolution n’épargnèrent pas l’Abbatiale en grande partie détruite entre le XIIIe et XVIIIe siècles.

L’abbatiale de Goudargues figure parmi les édifices romans les plus intéressants du Languedoc. Elle le doit à ses dimensions inaccoutumées, 37 m de long sur 15 m de large, et au registre monumental de l’intérieur du chevet. La nef de 18 m de haut est divisée en quatre travées. Les murs du chevet font 2,20 m d’épaisseur, peut-être que le concepteur avait conscience de la violente poussée des eaux lors des inondations. Elle fut bâti en pierres de taille creusées dans les roches calcaires des collines de Goudargues. Selon les époques des travaux, l’édifice peut avoir bénéficié de conseils architecturaux très divers car Goudargues a été en liaison à la fois avec la Provence, par les archevêques d’Arles, avec la Bourgogne par Cluny, avec l’Auvergne par La Chaise-Dieu et avec le Languedoc par Aniane. À l’extérieur, l’appareil du XIIe siècle contraste nettement, par sa teinte plus claire et par ses joints soignés, avec l’appareil utilisé pour la surélévation des rives au XIXe siècle. De la façade originale, il subsiste seulement la base des deux tours carrées qui cantonnaient le portail primitif. L’ampleur des dimensions de la salle « capitulaire », 32 m sur 12 m, donne un aperçu de l’étendue du cloître disparu et de l’importance de la communauté monastique. Elle était éclairé, à l’ouest, par trois baies plein cintre et, à l’est, par une baie identique…

L’abbatiale fut restaurée de 1823 à 1880 et c’est sous cet aspect que nous la connaissons aujourd’hui. Inscrite à l’inventaire des monuments historiques elle nécessite une restauration digne de ces lieux. L’association Patrimoine et Environnement, en partenariat avec la municipalité de Goudargues, a entrepris un programme de travaux de remise en état et d’entretien afin de transmettre aux générations futures ce chef d’œuvre de l’art roman.

La Fontaine est une résurgence vauclusienne, alimentée par des plateaux « karstique » ce situant au nord-ouest de Goudargues. Le « karst » est une formation géologique constituée en grande partie de roche calcaire comprenant des multitudes de grottes, d’avens et de fissures laissant l’eau de pluie s’infiltrer formant ainsi des cours d’eau souterrains. À ce jour, nous connaissons le principe de sa formation mais en aucun cas sa provenance. La particularité de la Fontaine de Goudargues contrairement à d’autre résurgence de ce type, est marquée par un débit (1400 m3/h) et une température (14°) constant. Des vestiges d’une villa et de bains Romains nous prouvent une occupation dès le llle siècle aux abords de la fontaine. Ce furent ensuite les moines bénédictins au VIIIe siècle qui prirent la possession des lieux. En canalisant la Fontaine autour du monastère, les moines ont pu renforcer leurs protections, irriguer des cultures et actionner un moulin à huile et à grains. Les platanes qui bordent la Fontaine ont été plantés en 1821. Dans les années 1950 un générateur, actionné par l’eau de la Fontaine, permettait d’alimenter quelques foyers en électricité. Le moulin à huile a cessé ses activités après le rude hiver de 1956 qui a causé la perte de la majorité des d’oliviers. De nos jours, la Fontaine alimente encore quelques potagers avant de rejoindre les méandres de la Cèze.

Comment s'y rendre