Visite de Bagnols-sur-Cèze

Bagnols-sur-Cèze est la ville-carrefour par excellence. Entre la vallée du Rhône et la vallée de la Cèze, elle rayonne sur trois régions (Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes) et quatre départements (Gard, Vaucluse, Ardèche et Drôme).

HÉRALDIQUE

De gueules aux trois tinettes suspendues chacune à un anneau du même par trois cordons aussi d’or, au chef cousu de sinople chargé de trois fleurs de lys d’or.

Les trois tinettes ou cuvettes d’or sont une allusion à l’étymologie traditionnelle du nom de la ville, autrement dit à laprésence de sources thermales. Les trois fleurs de lys d’or sur fond vert (« de sinople ») sont celles des rois de France. Elles auraient été rajoutées ensuite, et elles auraient d’abord été sur fond bleu (« d’azur »), à l’image des armes de lamaison de France.

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HISTORIQUE

Du Moyen Âge aux années 1950, Bagnols est un petit centre urbain rayonnant sur la basse vallée de la Cèze, au carrefour de la vallée de la Cèze et de la route de Lyon au Midi par la rive droite du Rhône. La création de la centrale atomique de Marcoule, lancée en 1954, lui fait faire un rapide saut dans la modernité, triplant sa population, transformant de façon spectaculaire le paysage urbain.

L’actuelle commune de Bagnols fait partie du territoire des Volques Arécomiques, peuple celte qui entretient des relations étroites avec les Grecs de Marseille. Elle est ensuite incluse dans la cité (civitas) de Nîmes, puis à partir du Ve siècle de la cité d’Uzès. Sous l’Antiquité la voie romaine de Nîmes à Alba (capitale des Helviens) passe au pied de la colline de l’Ancise (dans l’axe de l’actuel « chemin vieux de Lyon ») et franchit la Cèze au niveau du gué des Hamelines. L’archéologie révèle que plusieurs sites sont occupés par l’homme aux quatre coins du territoire communal, sans apporter la preuve qu’à cette époque-là le site actuel de la vieille ville, autour de la Grande Fontaine, soit le plus important. Cependant la version la plus courante du récit des origines de la ville considère qu’une petite ville romaine se trouvait à l’emplacement de l’actuel centre historique et que l’église paroissiale a pris la place d’un temple d’Isis.

C’est au début du XIIe siècle qu’apparaît dans les textes le nom de la ville de Bagnols. La plus ancienne mention se trouve sous la forme Baniolas dans le cartulaire de Psalmody, document daté de 1119. Le XIIe et le XIIIe siècle sont des siècles de croissance et de développement pour Bagnols, qui comptera 400 feux (1500 à 2000 habitants) en 1314. Bagnols grandit autour de son château féodal (à l’emplacement de l’actuelle médiathèque) et de son marché (transféré depuis Saint-Victor-la-Coste sur décision royale en 1223). La voie menant de Nîmes à Viviers (future RN 86) est déplacée d’un demi-kilomètre vers l’Est pour passer par l’actuelle rue de la République et traverser la Cèze comme aujourd’hui : un pont est vraisemblablement construit dès cette époque. Le point d’eau principal, la « Grande Fontaine » est aménagé près de l’église romane Saint-Jean Baptiste. Dès le XIIe siècle, Bagnols a ses seigneurs, et cette seigneurie de Bagnols passera dans de nombreuses mains jusqu’en 1789. Cependant, du XIIIe siècle à la Révolution, la ville sera administrée de façon autonome par ses consuls. C’est également au XIIIe siècle que Bagnols, jusque-là dans la mouvance des comtes de Toulouse, est rattachée à la couronne de France par les rois capétiens directs. Sur le plan administratif, Bagnols fait partie de la sénéchaussée de Beaucaire-Nîmes et reçoit le statut de chef-lieu de viguerie . Sur le plan religieux, Bagnols est située dans le diocèse d’Uzès. Les XIIIe et XIVe siècles sont des temps de crise et de dépopulation, marqués notamment par les méfaits des « Grandes Compagnies », les pestes, la révolte des « Tuchins ».

Bagnols inscrit son nom dans l’histoire de la Révolution française avant même que celle-ci ne commence: début avril 1789 une émeute populaire éclate, conséquence de la hausse du prix du pain. Début 1790 Bagnols devient une commune du département du Gard, dont elle est le chef-lieu d’un canton. Le régime napoléonien l’attribue à l’arrondissement d’Uzès (supprimé en 1926, date à laquelle Bagnols est rattaché à l’arrondissement de Nîmes). Au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle la population bagnolaise se maintient entre 4 000 et 5 000 habitants, mais la ville se modernise : destruction de portes et remparts, création de boulevards et d’espaces verts (le Jardin du Mont-Cotton avec son théâtre de verdure), assainissement et amélioration de l’approvisionnement en eau, revêtement ou pavement des rues, déplacement du cimetière… Dans les années 1870, le chemin de fer dessert la commune, la gare est inaugurée en 1881. Le tournant majeur de l’histoire bagnolaise a lieu au milieu des années 1950: la création à quelques kilomètres de Bagnols de la centre d’études nucléaires de Marcoule (site du CEA) entraîne une transformation spectaculaire de la ville, dont la population triple en une quinzaine d’années (16 500 habitants à la fin des années 1960 contre seulement 5 500 au milieu des années 1950). Des grands ensembles sont construits tout autour du vieux centre historique pour accueillir les nouveaux habitants : les plus remarquables sont ceux du quartier des Escanaux, œuvre de Georges Candilis. L’agriculture cède la première place à l’industrie et aux services et Bagnols devient un temps « la ville la plus jeune de France ». Un lycée « classique » et un lycée « technique » prennent le relais du « vieux collège » tandis qu’un centre hospitalier moderne sort de terre à proximité de l’Hôtel Dieu. Depuis les années 1970, la population communale poursuit sa croissance à un rythme plus lent, tandis que Bagnols, désormais troisième ville du département, affirme un rôle de capitale du « Gard rhodanien », entre Alès, Nîmes, Avignon et Montélimar..